Dans les années 60, l’amiral Rickover a décidé de promouvoir le développement aux Etats- Unis des Réacteurs à Eau Pressurisée (REP), utilisés par la marine américaine pour leurs sous-marins. Mais l’inventeur du REP Alvin Weinberg a prédit que cette technologie, à grande échelle, souffrirait de problèmes de sécurité. Il a donc proposé le déploiement alternatif de réacteurs à sels fondus, intrinsèquement plus sûrs et économiques. Néanmoins à l’époque, la sécurité des centrales nucléaires n’était pas encore un enjeu de société (les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima ne s’étant pas encore produites). Et, pour des raisons de politiques intérieures et de conflit avec les priorités militaires (dans le contexte de la guerre froide), Weinberg fut démis de son poste de directeur de laboratoire national. Le programme de recherche sur les MSR a alors été annulé et son budget ré-alloué au développement des réacteurs à neutrons rapides (RNR) caloporté sodium. Pour citer Weinberg : « Notre problème n’est pas que notre idée soit mauvaise, elle est plutôt différente de la ligne principale, avec un air trop chimique pour être pleinement appréciée par les non-chimistes. » En France, un programme de recherche conjoint CEA / EDF sur les MSR, démarré en 1973, a été annulé en 1983, également au profit de la technologie RNR-Sodium. Le développement actuel dans le monde du MSR, obéit à une volonté de mieux répondre aux attentes de la population civile (une technologie sûre, peu coûteuse) alors que les énergies fossiles sont condamnées à disparaitre.